23.11.11

Petites scènes de la vie à l’envers

Quatre tables, une chaise

Devant la fenêtre, face à la mer,

Face à la terre

Qui est une mer

Pour ceux qui s’y noient.


Des paroles aux gestes tus,

Aux sourires qui s’évaporent,

Le cœur des choses est dur

Qui jamais ne se met à nu,

Sauf aux éclipses, parfois.


Déjà bien loin de l’adieu

Qui liait les mains,

Le train parcourt, lent

Et sinuant, le gris du chemin

Des renoncements.


L’arme au poing

Braquée sur le ventre,

Le visage est interdit,

L’instant replié dans un cri,

Un jaillissement de larmes.


L’angoisse doucement a fui

Par toutes les routes de la nuit,

Les rues, les places ne sont refuges

Qu’aux ombres

Au bout du quai, la tentation d’en finir.


Puis le matin, pour de vrai,

Pas le mensonge d’une aube trop pure,

Ni l’impasse de branches rompues

A l’éclat d’un soleil aveugle,

Sa promesse, seule et dévêtue.

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