29.4.10

Comme un don inutile

Je m’en remets au hasard
Je m’en remets au temps incertain qu’il fera
Je m’en remets au vent qui désordonne
Je m’en remets à la nuit qui ensemence
Je m’en remets à ces choses qui furent,
A ces choses qui seront
Qui dérivent ou s’oublient,
Demeurent et s’enracinent
Je m’en remets à l’horizon qui lentement ploie
Je m’en remets à l’absence qui s’en vient
Peupler tout l’espace de son infinie caresse
Je m’en remets au silence
A toutes les voix du monde qui parlent sans bruit
Les mains ouvertes désespérément vides
Comme un don inutile

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