1
il n'y a plus
ciel
que
vertèbres sciées
stries de silex
tombant en arcs
désossés
à venir peurs
oublis passés
trombes
sur le grand
pavement
d'indifférence
2
il ne nous
échappera pas
le silence
dans l'ailleurs
vertical
entre les gouttes
sur les rebords
là où débute
l'absence
il est encore
mais son visage
s'efface
3
l'eau
s'en remonte
il n'y a plus
temps écoulé
avant naissances
les êtres
s'animent
dans le courant
avant encore
le plongeon
vers
le haut
ailleurs
4
il n'y a plus
doutes
plus froides questions
ni revers troués
ni gestes de la main
il n'y a plus
mots
pour dérober
l'innocence
5
il paraît que
ça tremble
sous les combles
là haut
longue mâchoire
qui déchire
l'espace
il paraît que
ça loge
dans l'immédiat
déclin
du jour
pourtant
de jour
il n'y a plus
6
le noir
est là
encore
comme
le blanc
qui
l'aimante
ils dansent
pourquoi
leur pas
est-il
violence
7
il y a
des miroirs
qui regardent
en haut
qui scrutent
les confins
patience
ils finiront
bien
par saisir
l'ombre
d'une étoile
8
il n'y a plus
la faim
l'éternel secret
est éventré
les bouches
ont tari
l'appétit
nu
dans
sa gangue
de verre pâle
attendant
de renaître
il
tremble
9
au dessus
c'est-à-dire
plus profond
plus loin
encore ailleurs
il y a
un chant
au milieu
un chant
que nul
n'écoute
jamais
jamais
10
il se pourrait
que
le rêve
l'emporte
après tout
c'est possible
crève la bulle
de verre poli
s'échappe
pour ne plus
jamais
reparaître
ni ici
ni ailleurs
8.11.06
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