8.11.06

vertical, ailleurs

1

il n'y a plus

ciel


que

vertèbres sciées

stries de silex

tombant en arcs

désossés


à venir peurs

oublis passés


trombes

sur le grand

pavement

d'indifférence



2

il ne nous

échappera pas

le silence

dans l'ailleurs

vertical


entre les gouttes

sur les rebords

là où débute

l'absence

il est encore


mais son visage

s'efface



3

l'eau

s'en remonte

il n'y a plus

temps écoulé


avant naissances

les êtres

s'animent

dans le courant


avant encore

le plongeon

vers

le haut

ailleurs



4

il n'y a plus

doutes

plus froides questions

ni revers troués

ni gestes de la main


il n'y a plus

mots

pour dérober

l'innocence




5

il paraît que

ça tremble

sous les combles

là haut


longue mâchoire

qui déchire

l'espace


il paraît que

ça loge

dans l'immédiat

déclin

du jour

pourtant


de jour

il n'y a plus



6

le noir

est là

encore

comme

le blanc

qui

l'aimante

ils dansent


pourquoi

leur pas

est-il

violence




7

il y a

des miroirs

qui regardent

en haut

qui scrutent

les confins


patience


ils finiront

bien

par saisir

l'ombre

d'une étoile


8

il n'y a plus

la faim

l'éternel secret

est éventré

les bouches

ont tari

l'appétit


nu

dans

sa gangue

de verre pâle

attendant

de renaître


il

tremble



9

au dessus

c'est-à-dire

plus profond

plus loin

encore ailleurs

il y a

un chant

au milieu

un chant

que nul

n'écoute

jamais


jamais




10

il se pourrait

que

le rêve

l'emporte


après tout

c'est possible


crève la bulle

de verre poli

s'échappe

pour ne plus

jamais

reparaître


ni ici

ni ailleurs

1 commentaires:

Eve a dit…

Je veux vous lire encore!